Nous menions notre vie de bohème. Nous vivions de valses mélancoliques et de langoureux vertiges, buvant de l'absinthe, insouciants. Nos c½urs étaient ombragés de mille tourments. Ce qui restait de notre amour n'était plus qu'un champ de bataille où même les plus valeureux avaient périt. De ce génocide des sentiments je contournais les ruines. Cette éloquente carence d'amour. Je me souviens ces moments d'ivresse où j'ai fait chanter mon rêve au vide de ton c½ur. Un trouble s'élevait à mon âme éperdue, et je m'affalais, inerte, sur l'herbe peinte de rosée. Je contemplais comme un guetteur mélancolique ce triste ciel étoilé et souriais. A cette pathétique et mélodieuse romance comme un air qui sonne au bois creux des guitares. Et tu te tenais près de moi, tes lèvres effleurant les miennes. Ton c½ur près du mien. Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonnait. Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant. Ce rêve où mon c½ur transit ne brûle qu'à ta vue; lorsque mon amour frémit comme s'il était jouet d'une minuscule flamme vacillante, ne me laissant qu'au final ce goût suave d'amertume, cette ironie absurde, cette ardeur dérisoire. On cherche tous quelqu'un qui donnerait un sens à notre vie . Quelqu'un qui est tellement indispensable , que chaque seconde qui n'est pas passée auprès de lui ne vaut pas vraiment la peine d'être vécue . Quelqu'un qui nous donnerait envie de lui donner tout l'amour qu'on est capable pour une personne . Quelqu'un qui apparait comme une évidence , qu'on aurait jamais l'idée de quitter . Quelqu'un avec qui le temps passe trop vite . Quelqu'un auprès de qui le mot amour prend vraiment tout son sens .